Méthodologie

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Les archéologues, pour n'importe quel période, utilisent une approche pluridisciplinaire pour étudier toutes les données récupérées d'un site archéologiques. Les données sont diverses : des objets en pierre; des céramiques, des os des animaux, des restes humains, du sédiment, des mollusques, des restes organiques comme du pollen, des restes carbonisés, des murs, des puits, des maisons, ... Chaque catégorie de données porte des informations complémentaires à l'étude de l'homme préhistorique. Travaillant en collaboration avec des spécialistes en plusieurs domaines, il est donc possible de reconstituer une mode de vie et des activités humains dans le passé.

 

Ici on présente une gamme des techniques disponible à l'archéologue pour étudier les différentes catégories des données. Selon les données disponibles au Trou Al'Wesse, et les problématiques, on applique/ra ces techniques pour comprendre le contexte des occupations humaines, du niveau du site au niveau régional ou continental.

 

Geologie

 

Le géologue analyse la séquence stratigraphique d'un site afin de déterminer les processus de formation des niveaux géologiques présents. Ces niveaux peuvent contenir du matériel provenant des occupations humaines, et offrent des données importantes concernant les processus qui ont affecté ce matériel archéologiques après l'abandon du site (mise en place des sédiments, érosion, déplacement par l'eau, bioturbation, ...). Ces données sont cruciales pour la détermination du contexte et de l'intégrité des ensembles archéologiques. De plus, des données géologiques font partie de l'étude des changements climatiques et environnementaux (voir également la page Géologie).

 

L’archéozoologie

 

L’archéozoologie étudie les restes animaux issus d’un contexte archéologique. Une identification des espèces, l’étude des altérations affectant les vestiges, l’étude des actions anthropiques, représentent d’importantes sources d’informations sur l’histoire du site, sa fréquentation par les animaux et par les hommes, les phénomènes géologiques et climatiques enregistrés par les dépôts, ainsi que sur les paysages dans lesquels l’homme vécut. Les traces de découpes témoignent d’activités de boucherie et des aspects plus complexes liés à l’occupation humaine ; elles reflètent une série d’aspects comportementaux, tels que les stratégies de subsistance mises en œuvre par les hommes préhistoriques, les activités saisonnières ou, pour les périodes les plus récentes, la domestication de certaines espèces.

 

La datation

 

La succession des couches sédimentaires donne des relations chronologiques relatives, à replacer dans un cadre absolu. Une série de procédés géophysiques sont à la disposition de l’archéologue.

 

Le 14C permet d’obtenir des dates fondées sur la mesure de la masse d’un isotope radioactif (le carbone 14), qui se stabilise en carbone 12 selon un rythme régulier et connu.

 

La datation par U-Th est également une mesure du taux de désintégration, cette fois de l’uranium en thorium.

 

La Résonance du Spin Electronique (ESR) mesure le taux de radiations accumulées dans un minéral, par sa résonance aux champs magnétiques.

 

La thermoluminescence mesure le taux de radiations accumulées dans un minéral, par la luminosité produite lors de la chauffe.

 

Le paléomagnétisme mesure les variations du champs magnétique terrestre enregistrées dans les minéraux.

 

Ces procédés datent, soit un artefact, soit un niveau archéologique.

 

La validité d’un échantillon prélevé à des fins de datation dépend de son état de conservation. Sa relation directe avec l’occupation humaine doit être est clairement établie ; la localisation précise de l’échantillon est donc cruciale.

 

La paléobotanique

 

Les végétaux ne furent guère conservés dans les contextes paléolithiques. Certains restes permettent de reconstituer la flore environnante. Ces analyses se comparent aux analyses fauniques.

 

La palynologie étudie les grains de pollen. Les végétaux disparaissent, mais leurs pollens sont dotés d’une « coquille » naturelle appelée exine. Cette paroi protectrice se conserve. Grâce un échantillonnage minutieux et à une détermination des essences, il est possible d’obtenir une vision rétrospective du paysage bordant le site.

 

L’anthracologie s’attache aux bois brûlés conservés. Elle détermine l’essence dont ils proviennent, donc le type d’arbre disponible dans un environnement proche.

 

Les analyses du matériel lithique

 

L’outillage lithique constitue le témoin le plus constant des occupations préhistoriques. La morphologie des outils est comparée aux formes retrouvées sur d’autres sites, dans une approche « typologique ». Des analyses technologiques examinent les produits de débitage (nucléus, supports, produits de mise en forme de nucléus, et déchets). Les déchets de taille et de débitage servent également aux remontages, sorte de puzzles en trois dimensions reconstituant les processus techniques mis en œuvre pour obtenir l’objet désiré. Cette méthode d’approche technologique est complémentaire à la précédente. Le matériel osseux est étudié dans une voie analogue.

 

Les propriétés et des sources des matières premières lithiques nous informent sur les stratégies utilisées par des groupes préhistoriques pour obtenir les matières nécessaires pour fabriquer des outils. L'approvisionnement local ou à distance indique le territoire exploité par l'homme, ainsi que des éventuels contacts entre groupes. Des analyses technologiques, prenant compte de la variabilité des matières premières lithiques, abordent des questions telles que l'intensité de débitage, la sélection préférentielle de supports par dimension, morphologie et propriétés pour fabriquer des différentes types d'outils.

 

Les micro-traces d’usure laissées sur la partie active des outils varient selon les matières premières travaillées, comme le bois ou les peaux, et renseignent sur la fonction de l’outillage, donc sur les activités menées  au site.

 

Le matériel retrouvé exclut l’outillage réalisé dans des matériaux périssables, tel le bois. Ces matières on le plus souvent disparu, mais elles ont représenté une composante importante de l’équipement.

 

Les analyses spatiales

 

La connaissance du contexte d’abandon permet de retracer l’histoire d’un objet si celui-ci est localisé avec précision. La position des artefacts permet d’approcher l’organisation spatiale des activités humaines.

 

Il est ainsi possible de délimiter des aires d’occupation où se sont déroulées des activités spécifiques, par exemple la boucherie, la taille ou les foyers.

 

La superposition des pièces mesurées sur une coupe distingue clairement entre les niveaux d'occupation néolithique et mésolithique au sein de la couche 4. On voit que du matériel archéologique de la couche 2, principalement des tessons et des ossements et de rares pièces lithiques, est séparé du niveau néolithique par des dépôts quasi stérile au sommet de la couche 4. La couche 4.1, Néolithique ancien, contient des tessons de céramique de type rubané, ainsi que des os et des pièces lithiques. La couche 4.2, Mésolithique récent, est marquée par une dense concentration du silex et des fragments d'os.